Le glyphosate : Monsanto mis en accusation

Roundup est un désherbant puissant dont l’une des molécules est le glyphosate. Monsanto, le géant américain de l’agro-alimentaire, a fait fortune sur la commercialisation de cet herbicide, utilisé dans le monde entier comme auxiliaire des semences génétiquement modifiées afin que celles-ci soient tolérées par les plantes. Alors que Monsanto est engagé dans un bras de fer avec Bruxelles pour que la licence du Roundup qui arrive à expiration à la fin de l’année 2017 soit renouvelée en Union européenne, la firme multinationale fait face à différentes mises en accusation pour désinformation.

 

Monsanto mis en accusation dans différentes régions du monde

La compagnie d’agrochimie est en ce moment poursuivie aux États-Unis par 3 500 plaignants, qui accusent le glyphosate d’être source de cancers et donc responsable de la mort de milliers de personnes. De nombreuses personnes ayant été exposées à ce produit chimique sont en effet décédées d’un lymphome non hodgkinien, un rare cancer du sang.

L’entreprise a également fait face l’automne dernier à des accusations de « violations des droits humains, crimes contre l’humanité et écocide » devant la Cour Pénale Internationale de La Haye (CPI).

 

Le Monde accuse Monsanto d’avoir délibérément organisé la désinformation autour du glyphosate

Suite aux différentes poursuites judiciaires auxquelles la compagnie fait face Outre-Atlantique, Monsanto a été obligé de divulguer des documents, connus sous le terme de « Monsanto papers ». La dernière partie de ces papiers a été rendue publique au cours de l’été 2017. C’est sur la base de ceux-ci que les journalistes du Monde s’appuient pour accuser la multinationale de pratiquer le “ghostwriting“.

Dans cette enquête publiée le 5 octobre 2017, le quotidien national montre comment  la compagnie pratique cette activité illégale. Les employés rédigeraient eux-mêmes les rapports des études scientifiques puis payeraient en sous-main des scientifiques non liés à la société pour qu’ils les signent. Lorsqu’il a fallu évaluer la dangerosité du glyphosate, ces prétendues analyses ont évidemment conclu que ce produit n’était pas cancérigène, rendant ainsi sa crédibilité et réputation à Monsanto.

 

Le gouvernement français cherche à interdire l’utilisation du glyphosate dans l’Union Européenne

L’autorisation de mise sur le marché européen du glyphosate expire à la fin de l’année 2017. Les Etats membres n’ont plus que quelques mois pour se décider sur sa prolongation ou son retrait. La France a fait son choix : le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a déclaré début octobre sur France 2 que notre pays voterait contre le prolongement de cette autorisation pendant dix ans. Cela suit la volonté de Nicolas Hulot, ministre de la Transition Écologique, et des organisations de défense de l’environnement qui qualifient cet herbicide de dangereux.

Afin que la France soit suivie dans cette démarche de sortir Roundup du marché européen, 15 autres Etats membres sur les 28 devront voter contre la proposition de Bruxelles. Ce n’est pas gagné, car l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) a déclaré en mars que le glyphosate ne devait pas être classé comme substance cancérigène, justifiant sa décision par le fait que les preuves scientifiques suffisantes seraient insuffisantes.

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