Les perturbateurs endocriniens

Vous avez vraisemblablement entendu ce terme récemment, « perturbateurs endocriniens », étrange sonorité dont il faut apparemment se méfier. Ils ont en effet fait la une des journaux cet été, lorsque les Etats membres de l’Union européenne ont voté une définition commune.

De quoi s’agit-il ? Comment s’en protéger ? Pourquoi la définition votée par les Etats européens en juillet fait polémique ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

 

Que sont les perturbateurs endocriniens ?

Ce sont des substances chimiques qui ont la capacité d’interférer avec notre système hormonal. Ainsi, les mécanismes qui régulent le fonctionnement de notre corps, du système reproductif et de notre cerveau sont perturbés, altérés, ce qui conduit à différentes pathologies. Si les scientifiques ne disposent pas encore de preuves définitives de toxicité, leur danger est universellement reconnu, notamment depuis des travaux récents publiés en septembre 2017 dans la revue Environmental Health Perspectives.

Jusqu’à présent, les études sur les perturbateurs endocriniens avaient été réalisées sur des animaux ou sur des cellules cultivées en laboratoire. Les chercheurs ont cette fois conduit des analyses sur du tissu humain, des testicules de fœtus. Les résultats montrent que ces substances entraînent des perturbations du développement du cerveau du fœtus et du bébé jusqu’à 3 ans. L’adolescence, avec les changements hormonaux qu’elle occasionne, serait aussi une période délicate.

Il est donc primordial d’être vigilant, surtout pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

 

Comment s’en protéger

Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans notre environnement (alimentation, produits cosmétiques, air pollué, etc.). Des habitudes simples permettent néanmoins de limiter notre exposition. L’organisation Women in Europe for a Common Future (WECF) propose différents guides téléchargeables en PDF pour savoir comment s’en protéger.

Il est par exemple conseillé de :

  • Consommer et utiliser des aliments et produits biologiques et écologiques,
  • Ne pas avoir une consommation excessive de poissons gras,
  • Choisir des produits frais ou surgelés qui sont conservés dans des cartons ou du verre,
  • Ne pas utiliser de contenants en plastique pour réchauffer ses plats,
  • Ne pas porter de nouveaux vêtements sans les avoir lavés au préalable,
  • Ne pas laisser en marche ni en veille les appareils électroniques dans la chambre à coucher, leur surchauffe provoquant la libération de phtalates.

 

Une définition décriée par les ONG

Suite au vote du texte donnant la définition officielle des perturbateurs endocriniens début juillet 2017 par les Etats membres de l’UE, les endocrinologues et organisations non gouvernementales se sont insurgés, relayés par l’UFC-Que Choisir.

Ce document, en identifiant et classant les substances chimiques modifiant le fonctionnement du système hormonal, va servir de base aux lois interdisant celles ayant un effet néfaste sur la santé. Pour ses détracteurs, cette définition est trop restreinte et trop floue, ne permettant pas de retirer du marché un nombre de produits suffisant.

Le gouvernement français, mené sur cette question par le ministre de la Transition Écologique Nicolas Hulot, s’est engagé à saisir l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) afin de statuer sur ces substances, qui, s’il est reconnu qu’elles représentent un risque, seront totalement interdites en France.

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